Il était une fois Seggali

On rembobine...

Découvrez dans cet article l'histoire insolite de la Torréfaction Seggali.

Janvier 1979 : ouverture d’une torréfaction artisanale de quartier dans une zone pavillonaire de Saint-Cloud, rue de la Porte Jaune, sur un axe départemental mineur. Pour l’anecdote, certains importateurs de café ont refusé de livrer mes parents - Janine et Armand Parseghian - annonçant avec certitude que ce commerce ne fonctionnerait jamais à cet emplacement...

Plus de 40 ans après, et quelques centaines de tonnes de café torréfiés plus loin, Seggali c’est aujourd’hui :


  • 2ème génération de torréfacteurs

  • 2 boutiques en région parisienne

  • 1 plateforme en ligne

  • 1 service dédié aux entreprises et aux professionnels du HCR

  • 1 assemblage historique 100% arabica torréfié depuis 1979

  • Plus de 3 millions de tasses de café Seggali consommées par an

Pour comprendre ce qu’est l’Artisanat made in Seggali, je vous propose de revenir en quelques lignes sur la trajectoire de cette entreprise familiale qui a su perdurer et se développer contre vents et marées.


 



Seggali, une histoire de famille


Si mon père avait pour ambition initiale de ne rester qu’un temps à Saint-Cloud et de partir monter une torréfaction au Etats-Unis - le rêve américain était réel à cette époque - ma mère quant à elle appréciait cette harmonie, l’équilibre qu’ils avaient organisé entre l’indépendance d’être commerçant et la vie de famille, non loin, l’appartement était comme souvent juste au-dessus de la boutique. Le tissu social, les liens qu’ils avaient su créer de par leur métier de commerçants, avait favorisé une certaine sédentarité.


Seggali, une histoire d’entreprise 


“La Torréfaction du Golf”, voici le nom initialement donné à ce commerce de quartier, comme tous les autres d’ailleurs… Pharmacie, agence immobilière, tabac, car à proximité immédiate du célèbre Golf de Saint-Cloud.

Le lancement n’avait pas été si long malgré un emplacement approximatif, mais des travaux d’élargissement de la voie départementale entre 1983 et 1985 ont révisé les perspectives de développement. Il a fallu trouver des solutions, nos clients ne pouvant plus s’arrêter en voiture et même difficilement à pieds, mes parents ont donc décidé de monter un stand sur le marché de Suresnes - ville voisine - nous y proposions nos cafés et nos thés en vente et en dégustation et partions en famille pour travailler tous les dimanches matin.


C’est à la fin des années 80’ que l’opportunité d’ouvrir une seconde petite boutique de 15m2 à Rueil-Malmaison voit le jour (à 30m de l’emplacement actuel de Seggali Rueil). L’organisation est faite, du mardi au samedi ma mère reste à Saint-Cloud, mon père va à Rueil et on se retrouve ensemble le dimanche pour faire le marché. Ce modèle tient jusqu’à la moitié des années 90’ lorsque mes parents signent pour un grand local à Saint-Cloud dans le projet d’extension du Monoprix (à 30m de l’emplacement actuel de Seggali St-Cloud). Mon père cède la boutique de Rueil pour se concentrer sur le projet, et trouve une nouvelle épicerie fine non loin à qui il vend son café en demi-gros qui le distribuera au détail à ses clients Rueillois pendant un temps.


J’ai à peine 15 ans à l’époque et commence alors une période compliquée, pour ne pas dire douloureuse... Le projet d’extension du Monoprix est modifié, la réservation du local pour mes parents est annulée sans aucun recours possible. Puis, notre distributeur à Rueil-Malmaison disparaît avec la caisse, en nous laissant une belle ardoise. Le tout, sur un fond de contrôle fiscal qui durera plus de 6 mois.


Je crois me souvenir qu’il a été question d’abandonner, mais pas longtemps, il fallait réagir, rebondir. Mes sœurs étudiantes et moi lycéen, les décisions sont familiales à présent. Il nous restait donc notre boutique historique rue de la Porte Jaune à Saint-Cloud, et une matinée de marché à Suresnes le dimanche. Ce n’était pas suffisant pour absorber la dette. Nous décidons alors de développer l’activité sur les marchés, notre choix se fixe sur celui de Garches - mercredi et samedi - pour compléter celui de Suresnes sur lequel nous nous rendons désormais chaque jeudi et dimanche. 


Seggali, une histoire artisanale 


Nous sommes maintenant dans la 2nde moitié des années 90’ et à la lutte quotidienne que l’on mène pour redresser l’entreprise s’ajoute un autre combat - contre la concurrence - car l’expansion de Nespresso et de ses capsules a débuté. Les artisans comme nous n’étaient pas armés, le combat était déloyal. Il nous a fallu défendre notre artisanat quand 10 ans auparavant, il semblait évident, naturel. Nous nous sommes justifiés par notre savoir-faire, notre expertise. Notre gamme s’est étoffée, précisée. Notre style de torréfaction s’est distingué par des profils plus marqués et plus constants. A l’heure du balbutiement des sites de e-commerce, c’est l’essence même du commerce de proximité grâce à l’écoute et au conseils avisés de professionnels que nous avons pu préserver notre filière, à l’avant-garde de la mouvance du “café de spécialité”.


Seggali, une histoire d’héritage


2004, fin de mes études, diplôme en poche (DESS de gestion et développement d’entreprise). La filière café est triste, les acteurs sont historiques ou ne sont malheureusement plus. Aucune école ni formation n’existe dans le monde de la torréfaction ni de la dégustation du café. C’est dans ce contexte que je décide de reprendre l’entreprise familiale. Si mes parents sont sceptiques quant à cette décision, eux qui s’étaient sacrifiés pour permettre à leurs enfants de faire de hautes études pour justement ne pas reproduire le même schéma, ils y voient néanmoins l’opportunité de pérenniser voire développer leur activité et d’envisager également une possibilité de retraite…

L’histoire par la suite sans être simple est plus classique… Je rénove la boutique et les stands des marchés entre 2005 et 2007, et je compose une offre B2B auprès d’entreprise, de restaurateurs en parallèle. En 2008, je trouve un distributeur pour reprendre nos places sur les marchés afin de me concentrer sur les ventes au détail en boutique et en demi-gros. Fin 2010, je saisi l’opportunité de déménager l’espace de vente sur le boulevard de la République à Saint-Cloud (à proximité immédiate du Monoprix), avec 2 fois plus de place, le local me permet également d’offrir un espace de dégustation, à l’avant-garde des coffee shop, bien connus aujourd’hui. L’atelier de torréfaction restant quant à lui à l’adresse historique, il me permet d’accueillir quelques jeunes confrères qui démarraient à l’époque leur activité, en créant de façon empirique le 1er atelier de torréfaction collaborative de la région parisienne. L’arbre à Café, Café Lomi, Espéranza Café, Les Cafééries de Paris en sont les principaux !

En 2017, face au déclin progressif des systèmes à dosettes, dont Nespresso et ses capsules, je décide de re-dimensionner la boutique en fermant définitivement l’espace Coffee Shop afin de concentrer l’essentiel de la relation client sur le conseil et la vente de ce que l’on appelle désormais à juste titre le “Café de Spécialité”. Décembre 2018 marquera une nouvelle étape, l’ouverture d’un 2ème point de vente, rue de Maurepas à Rueil-Malmaison. Cette aventure couronnée de succès, malgré les effets du Covid, a permis de sceller notre philosophie : un savoir-faire artisanal et historique, une transparence parfaite du sourcing à la vente en passant par la production, et un service client irréprochable.




Voici quelques articles, rédigés pour garantir certaines bonnes pratiques sans pour autant se prévaloir d’absolue vérité, car le café est avant tout une affaire de goût, et de goût propre et personnel à chaque consommateur.


Ces articles sont donc la synthèse des avis et conseils prodigués en boutique, au contact quotidien avec nos clients depuis janvier 1979… 

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